mardi, 20 novembre 2007
Martine mène l'enquête...
Après avoir résolu la fameuse et épineuse affaire des sous-chemises disparues, un nouveau dossier s'est présenté à notre fine limière de la compta, tel un défi à son pouvoir de déduction (et non pas séduction).
Je vous situe les faits.
Martine, trentenaire et aide-comptable revêche, est chef de son bureau, de sa chaise à trois roulettes (elle les a comptées) et des trombones. Martine compte, recompte et rerecompte toute la sainte journée et lorsqu'il n'y a plus rien à compter, même plus une sous-chemise, Martine compte encore. Elle compte les stylos, les agrafes, les feuilles de papier, Martine aime la comptabilité. Elle en a fait un art de vivre. Du coup, lorsque la petite Martine va aux toilettes, elle emmène sa passion avec elle. Même sur les toilettes, la comptable sommeille en elle.
Ce lundi, vers 14h, prise d'une envie certainement pressante ou d'un trop-plein de chiffres, Martine décide, sitôt revenue de la pause-déjeuner, de se rendre aux cagoinces. On peut donc ici noter que les gens de la compta ont au moins ce point commun avec nous, je ne suis cependant pas certaine que cela s'avérera suffisant à l'édification d'une relation solide et constructive mais là n'est pas mon sujet. La petite Martine se rend donc dans ce lieu où nous, communs des clampins, ne nous rendons que pour nos besoins naturels. Lorsqu'elle arrive, nom d'un trombone, plus de papier toilette ! Qu'à cela ne tienne, Martine a la confiance du comptable et sait où est caché le PQ. Méticuleuse, elle prélève délicatement un precieux rouleau de la réserve, va faire ce qu'elle a à faire puis retourne consciencieusement à ses chiffres, sans le moindre détour.
Tout aurait pu en rester là mais Martine Sholmes n'est pas une débutante.
Enivrée par les zéros, captivée par les actifs, notre petite Martine n'en oublie pas pour autant le rouleau de papier hygiénique et c'est vers 17h30 qu'elle se rend de nouveau aux ouaterres-clausettes. Confiante et heureuse de tous ses calculs accomplis, la stupeur la frappe brutalement lorsqu'elle ouvre la porte. Du PQ, il ne reste que le carton, pas une feuille ne subsiste. Ce crime de lèse-PQ ne restera pas impuni, foi de Martine.
C'est quelques instants plus tard que nous avons entendu 3 coups secs contre la porte de notre bureau et que nous avons vu apparaître le visage avenant de notre aide-comptable unique (et donc préférée...). En la voyant, on s'est tout de suite douté de quelque chose, elle ne vient jamais dans notre bureau, l'affaire était donc sérieuse. Son "ça va vous faire rire mais on nous vole le papier toilette" nous a d'abord demandé un petit temps pour bien saisir la teneur du propos rapidement suivi d'un pouffement général et irrepressible. Cependant, comme le PQ n'est pas un sujet de plaisanterie et comme Martine ne semblait pas vouloir partir avant d'avoir obtenu des réponses à la hauteur de la gravité des faits, chacun a cru bon de présenter une explication rationnelle. Inutile de vous dire qu'un lundi soir à 17h45, tout n'a pas été brillant-brillant.
Il a néanmoins été retenu que durant l'après-midi il y avait dans l'association 15 salariés, 3 ouvriers, 8 jeunes du chantier agro, 12 jeunes sur les ateliers de mobilisation plus quelques visiteurs non-comptabilisés. Martine a bien émis un contre-argumentaire consistant en la non-probabilité que chacun ait eu besoin de se rendre aux toilettes et d'utiliser du PQ dans le même après-midi mais l'hypothèse d'un désagrément intestinal passager a fini de la convaincre.
Son affaire résolue, Martine Marple est rentrée chez elle, l'âme en paix avec la satisfaction du devoir accompli.
Gaspilleurs de trombones, voleurs de PQ, tremblez ! Martine veille...
09:20 Publié dans Les enquêtes de Martine, Working Noun | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note



