dimanche, 10 septembre 2006
Shark Attack III : Mégalodon
Il est certains films que l'on oublie jamais. Des films appartenant à un genre cinématographique honni, méconnu de la haute aristocratie des cinéphiles mais qui font la joie de certaines de nos soirées. Dans cette catégorie, je vous présente aujourd'hui Shark Attack non pas I, non pas II mais pour votre plus grand plaisir, Mesdames et Messieurs, ne reculant devant aucun sacrifice, Shark Attack III (roulements de tambours).
Le sous-titre de cet opus est Mégalodon. On nous promet donc du requin, Mesdames et Messieurs, et du gros. Du genre préhistorique qui ne faisait qu'une bouchée des diplodocus (les pauvres diplo évitaient d'ailleurs de tomber de leurs planches de surf) et devant lequel même les T-Rex avaient les chocottes. On nous promet des effets spéciaux artisanaux au service d'un réalisme pas époustouflant, d'une histoire délicieusement pas inventive, d'un jeu d'acteurs pitoyable et d'un suspens complètement soutenable. Quelques images documentaires d'un vrai requin grossi 10000 fois, intercalés avec des images de synthèses handmade et des gros plans de requins en carton donnent à toute cette aventure une crédibilité certaine.
Bref, la soirée promettait d'être excellente et nous ne fumes pas déçus. Tout commence dans une petite bourgade paisible et cotière du Mexique. Une multinationale inhumaine (c'est les méchants) a l'idée bizarre de passer un câble internet sous le pacifique, non loin de la plage-fréquentée-par-les-touristes-qu'il-ne-faut-surtout-pas-fermer. Evidemment, les ondes émises par le câble (sisi y'en a, il paraît même que certains sites internet produisent plus d'ondes que d'autres) attirent un gros requin. Il y plante d'ailleurs une grosse quenotte. Ben,gentil garde-côte, presque aussi beau que David Hasselhoff, a la mauvaise habitude de faire du trafic de homards pendant ses heures de travail. Oh c'est un brave type Ben, il est pas méchant mais il aime bien pêcher le homard, la plage se surveillera bien toute seule pendant ce temps là. Tenez, une preuve que c'est un brave type : quand lors de sa pêche, il trouve la grosse dent du squale, il prévient immédiatement son patron, qui est bizarrement aussi le patron de l'hôtel, lequel ne trouve rien d'autre à dire qu'un truc du genre "vous n'aviez pas à être là-bas, cette dent c'est pas grave, on ne ferme pas la plage".
Penaud, Ben repart avec sa quenotte sous le bras mais il est quand même intrigué. C'est qu'elle est grosse cette dent, et que quand il ne pêche pas le homard, Ben étudie les requins. Comme ça, en amateur, il est quand même devenu un super spécialiste. Cette dent lui pose un problème, il n'en a jamais vu de telle. Il décide donc de scanner la quenotte (en 3D s'il vous plaît !) et de l'envoyer sur le forum de requin.com. Il est fort Ben.
Cataline, jeune paléonthologue à gros seins, blonde, n'a rien d'autre à faire au travail que d'aller se promener sur requin.com. Et là, stupeur ! Elle reconnaît la dent d'un mégalodon. Ni une, ni deux, elle débarque au Mexique devant un Ben tout surpris que quelqu'un fasse autant de kilomètres pour voir sa dent de requin. Il est étonné Ben mais il ne se pose pas trop de questions parce que cette jeune femme, qui se présente comme une océanologue, a une forte poitrine. Après mille péripéties savoureuses et classiques, nos deux héros : (1) voient quelques personnes se faire dévorer (2) traquent le requin (3) tombent amoureux (4) découvrent que c'est un requin préhistorique qui rugit (enfin, qui rugit, on dirait plutôt qu'il meugle) (5) tuent le requin à coups de batte de baseball (note pour tous les bébés requins, n'entrez jamais dans un bateau même s'il est en train de couler).
Voilà, ouf, tout le monde est sauvé, croient Cataline et Ben. Et bien pas du tout ! Ils n'ont fait que tuer le bébé mégalodon. Maintenant, la moman n'est pas contente et elle est même très fachée. En plus, elle mesure 27 mètres alors c'est vraiment pas le moment de rigoler et les méchants n'ont qu'à bien se tenir. Il faut dire qu'à force de se faire sortir de sa fosse sous-marine super profonde à coup d'ondes électriques, à la fin ça énerve. Le film, à ce moment, semble effectuer une sorte de retour en arrière : Ben retrouve une dent, encore plus grosse, la remontre à son patron qui finalement le vire parce que ça commence à bien faire avec toutes ces dents, on va pas se faire un collier. Ben est vexé et quand Cataline lui propose d'appeler l'armée, il dit non, c'est pressé et ils vont s'en occuper tout seuls. Il faut dire que Ben a justement un ami qui possède un sous-marin de poche, une torpille et un courage à faire pâlir Buzz l'éclair. Leur super plan : bousiller le cable qui attire les mégalodons et zigouiller la moman mégalodon qui est déjà là. Notons que bousiller le câble est une idée logique mais qui prive les scénaristes d'un rebondissement : la mort de la maman aurait pu attirer le papa encore plus gros (au moins 50 mètres !).
Entre temps, on ne sait pas trop pourquoi, la plage a quand même été fermée et les bateaux n'ont plus le droit de sortir du port. C'est justement ce moment que choisit la grosse multinationale pour aller faire la fête sur un yacht en haute mer, histoire d'inaugurer le câble. Bien sûr, on les a prévenus qu'il y avait des requins, mais comme ils sont méchants, ils ont choisi d'y aller quand même, en emmenant le patron-de-Ben-patron-de-l-hôtel qui a des grenades dans son sac. Les éléments du drame sont en place : sous la mer, le sous-marin et sa torpille; dans le ciel, l'hélicoptère et Cataline (on sait pas trop pourquoi à ce moment-là mais après ça sert); au milieu, le yacht des méchants. Evidemment, le mégalodon arrive. Alors que les gentils vont l'attaquer avec le sous-marin, les méchants ne trouvent rien d'autre à faire que de balancer leurs grenades. Résultat : ça abime le sous-marin et ça énerve la bête qui attaque le yacht. Des effets spéciaux epoustouflants nous permettent d'assister à la mort de tous les méchants, dévorer par bateau entier par le monstre (il a une très grande bouche) qu'ils ont attiré. Finalement, Ben fait exploser le sous-marin dans la gueule du squale dans une explosion thermonucléaire à laquelle tout le monde résiste. Il ne reste plus à Cataline qu'à sauter de l'hélicopter pour aller rejoindre son homme (elle est solide Catalina) et le proprio du sous-marin et entendre le mot de la fin : "mégalo-qui-ça ?" dans un éclat de rire général.
12:30 Publié dans La Boîte à Nanars | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note


