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mardi, 19 juin 2007
Moi et ... le repassage !
Le repassage et moi, ce n'est pas exactement ce que j'appellerai une longue histoire d'amûûr, c'est plutôt une (trop) longue histoire de contrainte, de haine et de sang.
Dès mon premier contact avec ce sensuel attribu de la bonne épouse, les hostilités commencèrent. J'avais 4 ans et une jolie brûlure au bras droit.
Ma mère, voulant me faire oublier ce tragique incident et me donner toutes les armes pour réussir dans la vie, m'offrit, à mon anniversaire suivant, la panoplie de la parfaite ménagère avec tablier, balai, plumeau et... fer à repasser ! Je me retrouvais donc à repasser culottes et chaussettes avec tout mon attirail mais malgré les encouragements incessants et exaltés de ma petite maman, les promesses d'une vie d'amour et de joies, d'un paradis où m'attendrait des vierges par milliers, je ne trouvais que peu de grâce à cette tâche, qui n'est néanmoins pas sans noblesse comme toutes les tâches ménagères, et retournais rapidement papilloner dans le jardin.
Quelques (trop) courtes années plus tard, la dure réalité de mon statut de fille me rattrappa. A mon argument qui consistait à dire que mon frère, âgé de 5 ans de plus que moi, ne repassait pas ses affaires, ma mère répondit que j'étais une fille et que je devais savoir repasser. Ma mère, du MLF, n'a pris que la pillule et encore, pas bien, elle nous a eu... Je la soupçonne aussi de détester le repassage et d'avoir ardemment prié pour avoir une fille adorant ça ... raté !
A l'époque j'avais quand même la nette impression que c'était vraiment une grosse arnaque de naître fille : on pouvait pas faire pipi debout (ou alors aux risques et péril de nos chaussures, chaussettes et de la lunette des toilettes), il fallait repasser et être féminine (c'est vachement plus facile d'être viril avec une pioche que féminine avec un fer à repasser ... qu'est-ce que je raconte moi ?), se faire emmouscailler à plein temps par mon frère et mes oncles (ma grand-mère a fait des enfants jusqu'à tard et mes parents ont commencé tôt, je ne salue pas ici cette coïncidence) et rêver de ressembler aux femmes de la famille ! Quelle blague !
Soit je repassais, soit j'étais chiffonnée ... je fus donc chiffonnée ! Cependant, je développais quelques techniques, du genre étaler mon tee-shirt sous mon matelas pour le défroisser mais ne cédais pas à la semelle sexy de cet engin du démon. Pas encore...
En effet, tout comme le fait d'être une fille signifiait repassage, la majorité sous-entendait job d'été à l'hôpital... Le rapport avec le repassage me demanderez-vous ? Si ! Allez ! Soyez sympa ! Défiant toutes les probabilités, je n'ai pas été affecté dans un des vingt services de soins de l'hôpital du coin mais à la blanchisserie dudit hôpital, côté propre à savoir côté repassage... ça aurait pu être pire, j'aurai pû être côté sale... et vu dans quel état ça arrivait des fois côté propre, j'ai toujours évité de penser à ce que pouvait être le sale... Me voilà donc dans un boulot avec tout plein de machines toutes dédiées au repassage et c'est fou ce que des gens ont pu être inventifs pour repasser toutes sortes de choses ! Je l'ai fait deux ans mais je n'en avais pas assez ! Tiraillée entre ma haine viscérale du repassage et ma volonté de devenir une ménagère accomplie, je réïtérais ma mise à l'épreuve et bossais tout un mois (d'été, la bonne idée) dans un pressing dans les Landes (en Normandie il ne faisait pas assez chaud, je ne souffrais pas assez) ... Le fer à repasser dans la main droite toute la journée, la s*ù!#$ùe de table qui crache de la vapeur sous le nez, je passais un mois des plus mémorables ... ma dernière tentative de réconciliation avec cet appareil ménager formé d'une semelle en fonte chromée ou en alliage léger munie d'une poignée et qui, une fois chauffée, sert à repasser !
Depuis, c'est le statu quo, une sorte de coexistence pacifique. Il reste dans le placard, je ne le dérange que pour les grandes occasions : baptêmes, entretiens d'embauche, mariages, jours où j'ai pas envie d'être chiffonnée (juin a d'ailleurs été faste, j'ai eu toutes les occasions de repasser)... et j'ai pris la carte de fidélité du pressing du quartier.
Ce machin m'a bien fait rire mais je doute qu'il me convertisse...
11:50 Publié dans Dans la peau d'Ududuonuon | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note



Commentaires
excellentissime :'-DDD
au fait, j'ai le même traumatisme avec les aspirateurs...
Ecrit par : abstraite | mercredi, 27 juin 2007
abs'> tu n'as plus qu'à économiser : http://www.roombafrance.com/F_frame.html?http://www.roombafrance.com/?gclid=CJnxxq2KgY0CFQfalAodHlLjPA
Ecrit par : noun | vendredi, 29 juin 2007
formidable ! comme ça je sais quoi demander pour la prochaine fête des Mères ;-p
Ecrit par : abs | vendredi, 29 juin 2007
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