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samedi, 11 novembre 2006

Les Chroniques de Lebster Ends 2 - par moi

      Les Chroniques de Lebster Ends - 2


    On saura jamais comment les frères Moosh avaient fait. Toujours est-il que quand on est venu pour les pendre, y avait plus personne derrière les barreaux. Ca nous en a fichu un sacré coup. Y'avait rien d'abîmé dans la cellule alors on s'demandait qui c'est qui les avait aidés. Nos regards se portaient sur l'Hacienda de Craig Shelton. Le Sheriff, il a organisé une battue. On a tous pris nos Winchesters et nos chiens et on a marché, marché mais rien. Les frères Moosh y zavaient bel et bien disparu. J'vous laisse imaginer not' surprise quand on les a vus arriver à cheval trois jours plus tard. Sûr qu'ils venaient pas boire un verre. On s'est tous dit qu'y allait y avoir du grabuge.

    C'était le début de la matinée, y'avait que moi au saloon avec le français. Lui, il avait l'air détendu et moi je m'suis dit qu'une fois de plus, valait mieux pas que je me fasse remarquer. Ils prenaient tout leur temps les frères Moosh. On n'entendait que le claquement de leurs talons sur le parquet avec le tintement des éperons. Ils se sont finalement approchés du comptoir que Latour était en train de nettoyer.

     - " On a une affaire a régler ? " qu'ils lui ont dit les Frères Moosh et ils ont posé leurs colts sous son nez.
     - " Je savais que vous alliez revenir " qu'il a répondu, Georges.

Bartholomew a alors pointé sa Winchester sur le français et il lui a dit :
     - " T'as quelque chose à dire pour ta veuve ? "

     - " J'ai pas de femme mais je veux bien boire un dernier verre. "

Les frères Moosh, ça les a fait sursauter et ils l'ont averti, le français :

    - " Crois pas que tu vas nous avoir deux fois. Alors, tu te sors un verre, tu bois et après, on te descend."Ils rigolaient pas les frères Moosh mais le français il leur a dit calmement :

     - " Ecoutez, j'comprends que vous vouliez vous débarasser de moi mais l'autre jour, je voulais pas que ça se passe comme ça. On a à peine commencé à boire que vous vous êtes écroulés et il a fallut que le Sheriff passe par là. Pas de ma faute si vous tenez pas l'alcool " qu'il a fait en se servant une rasade.

La remarque les a vexés les frères Moosh. Ils étaient pas venus pour qu'on se paye leurs têtes. J'les ai entendu beugler :
     - " Comment ça on tient pas l'alcool ? "
    - " Faut croire que c'est pas de votre faute, même les pires desperados ont leur point faible : Billy The Kid, c'était son dos; vous, c'est l'alcool." A ce moment, le français il s'est resservi un grand verre de son tort-boyaux. 

     - " Ecoute-moi bien, c'est pas quelques verres qui nous empêcheront de te trouer la peau ! "

     - " C'est pas que j'en doute mais j'aime pas avoir mal. J'aimerai que vous me descendiez du premier coup, si possible. J'ai pas envie de me retrouver avec une balle dans la jambe."Il vida son verre puis il ajouta :

      - " Et puis vous n'avez que douze coups ... "

    J'en revenais pas de ce que j'entendais. Je m'demandais s'il avait perdu la raison, Georges ou s'il tenait si peu à la vie. En tout cas, c'était vraiment pas le moment que je me fasse remarquer et si j'avais pu, j'aurai disparu sous le parquet.

     - " T'entends ça, Barth' ? " a demandé Jebbediah. Sa voix tremblait de colère.

    A ces mots, Bartholomew ne répondit pas. Il attrappa la bouteille, en bu la moitié au goulot puis la passa à son frère qui fit de même. Après, je les ai vu attraper leurs colts et se reculer. Latour, il disait plus rien. Il attendait. Il avait beau être un pied-tendre, il en imposait le français. Ce fut Jebbediah qui s'ecroula en premier tout de suite suivi par son frère.

    Georges, il est resté calme, il s'est servi un verre de lait qu'il a vidé d'une traite. Après, il est venu vers moi en jetant un oeil aux frères Moosh qui ronflaient. Il avait besoin d'aide pour les charger sur la charrette qui les emmènerait, à coup sûr cette fois, se faire pendre. On a pas eu besoin de se parler. Il a pris les pieds, moi les bras bien décidés à débarasser Lebster Ends de ces deux engeances. Le Sheriff il a été étonné de revoir Latour avec les frères Moosh. " Encore vous ? " qu'il a dit, " mais comment avez-vous fait ? ". Georges a raconté son histoire et il a ajouté :

    - " Chez moi, on dit : Qui a bu boira. "

Commentaires

Alors là, chapeau! Total respect! ;-)

Ecrit par : Septentria | lundi, 13 novembre 2006

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