lundi, 14 avril 2008

Démotivation

460112661.jpg Depuis des semaines, je me mets des coups de pieds aux fesses pour ramper hors de mon lit le matin. Je pense que c'est ce qu'on appelle une baisse notable de motivation.

Je vais bientôt pouvoir rédiger un petit traité de management : La démotivation de vos salariés en moins d'un an ! 

Pour bien démotiver tes troupes, tu commenceras par les sous-payer en les embauchant sur des contrats bien précaires (genre CAE ou contrat adulte-relais) en leur faisant sentir qu'il faut te remercier de bien avoir voulu les prendre dans ta boîte.

Comme ils ont beaucoup de chance d'avoir eu ce boulot, tu les feras bosser un minimum de 40 heures par semaine (heures supplémentaires ni payable, ni rattrapable, faut savoir ce qu'on veut) en leur faisant bien sentir que tu doutes de leur véritable engagement dans ta structure. Tu veilleras évidemment à partir plusieurs fois en vacances quand tes oyes n'en auront pas pendant 7 mois.

Pense à tout déléguer à tes troupes, surtout ce qu'ils ne sont pas en mesure de faire et en ne laissant évidemment aucune instruction. Tu pourras ainsi leur rappeler régulièrement leur incompétence et ton incomparable mansuétude. Des exemples de missions à la con : lorsqu'il faut faire des rideaux pour une salle, demande à un homme de préférence (des heures à stigmatiser son incompétence avec délectation en vue !) ou demande à ton animateur informatique de faire une étude sur la nourriture des autruches dans le cadre d'un élevage familial biologique et la législation qui va avec. L'animateur informatique est ta proie idéale, comme c'est le seul qui ne pourra pas te faire croire qu'il ne sait pas se servir d'un ordinateur, tu peux TOUT lui demander en plus du boulot pour lequel tu le payes : faire tes présentations powerpoint, faire toutes les recherches sur tous les sujets qui te passent par la tête et en faire des dossiers, mettre les mains dans le cambouis dès que tu oublies de brancher ton imprimante ou encore remplir une baignoire avec 140 bouteilles d'eau ... vides.

N'oublie jamais de mettre la pression... même s'il n'y a pas de raison. En fait, la clé du succès est peut-être là : moins il y a de raison, plus tu dois mettre la pression ! Genre quand ta boîte est au bord du gouffre, que tes chantiers ne rapportent rien, ne te trompe pas de cible en mettant la pression sur eux. Mise plutôt sur l'ouverture d'une salle informatique gratuite que tu as royalement équipée de 6 postes.

Ne néglige jamais de culpabiliser tes troupes : elles ont la chance de travailler pour toi, elles doivent t'être loyales. Ainsi, pendant la réunion hebdomadaire tu te feras un point d'honneur de montrer du doigt toute personne souhaitant partir à l'heure, l'humiliation en public étant de mise pour tout arrêt maladie. Profite aussi de cette réunion pour regarder tes troupes dans les yeux et leur marteler que tu ne veux pas de bruits de couloirs et que si des questions se posent, chacun peut venir les poser librement dans ton bureau. Tous ces trouducs baisseront les yeux et ne viendront jamais dans ton bureau.

Rappelle régulièrement qu'il n'y a plus d'argent, tu peux même passer de bon matin dans les bureaux avec le montant du débit bancaire du jour afin de concerner ton personnel mais n'oublie pas de solliciter ton petit monde pour des projets innovants qui sauveront la maison avant de quitter ces mêmes bureaux.

Enfin, laisse entendre que tout ce fonctionnement est normal ce qui t'évitera de valoriser ton équipe.

dimanche, 13 avril 2008

Vous avez une idée du nombre de prénoms que vous connaissez ?

Comme en ce moment je suis en vacances le soir (15 jours sans avoir à rentrer impérativement sitôt le boulot fini, 15 jours sans avoir à subir des heures de chat soporifiques...*béatitude extrême*), j'ai tout plein de temps pour avoir des reflexions hautement philosophiques, intéressantes et tout et tout. Du coup, je peux révéler à Baci que Simon and Garfunkel adoraient le mille bornes (enfin je mens un peu parce que quand je lui ai appris ça, j'étais en plein devoir de droit et je lui chantais El Condor Pasa sur G*Mail...) et réfléchir sur les prénoms.

Non, ne pars pas ! Je ne vais pas te raconter que si tu t'appelles Mauricette, tu es un individu doux et pacifique mais instable. Non, si tu t'appelles Mauricette je me dirais à la rigueur que tes parents auraient pu faire un effort mais que tu as quand même réussi à échapper à Monique... évidemment ce sera un dialogue intérieur et tu n'en auras donc jamais connaissance.

Mais bon je ne veux pas parler de ça en vrai. Non ce que je veux dire c'est que les prénoms c'est tout un monde. Jusqu'à récemment, j'ai évolué dans un monde où tout le monde s'appelait Julien, Julie, Sébastien, Sophie ou Michel (vous vous imaginez accoucher et vous dire "ah ben tiens lui ce sera Michel"... quand je pense à ça, j'ai l'impression que le bébé il a déjà la barbe et la moustache, limite il fume la pipe et il a des charentaises aux pieds). Une culture bien franco-française quoi. Quand j'étais à la fac, j'ai bien rencontré des gens d'horizons plus différents mais je me rends compte aujourd'hui qu'ils étaient dans une dynamique d'intégration et du coup, la culture franco-française restait dominante. 

Depuis bientôt un an, j'ai un boulot qui me donne la chance de rencontrer des gens tous les jours, de partager nos cultures. Mon dictionnaire de prénoms s'est enrichi d'une façon incroyable ! Chacun reflète une histoire, un sourire, un moment partagé. C'est étonnant de voir comment en s'ouvrant au monde, on découvre les prénoms qui vont avec... et aujourd'hui je constate combien mon univers d'avant était étriqué...

Il l'est de moins en moins grâce à Arber et Tamdjida, Taous, Aïssata et Anli, Salhia, Fatiha et Fatoumata, Andhum, Ouari, Lourdès et Naïma...

dimanche, 06 avril 2008

Trente-quatre

Trente-quatre années passées ensemble, jour après jour. Trente-quatre ans à s'endormir et à se lever l'un à côté de l'autre, à se partager la salle de bain, à partager les repas, les peines, les humeurs, les doutes. Toutes ces années à partir en vacances ensemble, à laisser les saisons se succéder. Toutes ces années à supporter la vie et à se supporter. Que reste-t-il d'eux après tout ça ? Qu'ont-ils fait de leur amour ? Qu'ont-ils fait de leurs projets ? Insatisfaits de leur présent mais n'ayant jamais eu le courage de changer de direction, ils ont fait de leurs vies un compromis au goût fade et sans perspective. Ils ont fini par envisager leur mariage comme ce qui les a empêché de réaliser leurs projets respectifs ou d'en avoir. L'excuse ultime pour avoir raté sa vie.

 
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